jeudi 5 mai 2011

Le luxe, la mode et moi... réponses à une interveiw.

Pour moi, le luxe est une passion qui remonte à l’enfance. Je ne viens de la classe moyenne, mais j’ai toujours été éduqué dans l’amour et le respect du beau. Ma mère a enseignée à mon père l’harmonie des couleurs et des matières, puis elle a fait la même chose avec ses enfants.

Je pense être une amoureuse avertie du luxe. Je me renseigne beaucoup, je lis les magazines de luxe, visionne des documentaires, je suis le marché via des newsletters quotidiennes de sites spécialisés. J’ai également fait des études de marché de ce secteur. Je consulte régulièrement les sites des grandes marques et des institutions qui lui sont dédiés (ex. : comité Colbert). J’ai également un réseau d’amis qui travaillent dans le milieu et avec qui je communique souvent.

Mon prochain objectif : mettre la main à la pâte avec un stage d’une journée à l’atelier Lesage. Et pourquoi pas un jour intégrer une formation en gemmologie ?


  • Vous avez vécu, entre autres, à Paris, à Marseille, à Dallas, TX et à Séoul en Corée du Sud. A travers les continents, qu’est-ce qui différencie Paris des autres villes de en matière de mode et luxe ?

Pour moi, c’est à Paris que ce trouve le cœur de la mode et du luxe. La « PARISIENNE » reste le symbole de cette culture et de cet héritage. Il ne s’agit pas de remettre en question l’apport de villes comme Milan, Londres, New York, mais il existe une légèreté chez la « Parisienne » qu’on ne retrouve pas ailleurs.

Il en va de même pour les symboles du luxe et de la couture que sont les « maisons », la royauté de l’univers du luxe est composée en grande majorité de noms français : CHANEL, YSL, DIOR, LANVIN, RYKIEL, LACROIX, GAULTIER, HERMES, LOUIS VUITTON, CARTIER, CARDIN…

La force du monde du luxe aujourd’hui : des directeurs artistiques venus du monde entier qui font rayonner ces grandes maisons, tout en respectant cette « french légèreté » comme l’appelle Lancel.

Chaque ville et chaque pays a son identité culturelle/mode qui lui est propre. Si les marques de luxe restent les même pour tous, les sensibilités varient.

A Marseille, le style est très accès sportswear. Le luxe, ce sont les collections de Nike inédites et les sacs Vuitton. C’est une ville très bling et un peu vulgaire même si certaine marques très cotées en IDF sont nées ici. Aix-en-Provence en revanche est la capitale provençale des looks sophistiqués sortis tout droit des magazines. L’aixoise est la parisienne du sud, l’arrogance du bronzage en plus.

Le Texas, c’est un autre monde, les riches femmes de Dallas arborent avec fierté leurs Hermès et leurs Vuitton, portent du Polo Ralf Lauren et aiment les soirées en robe de gala. Les riches familles du sud affichent les grandes marques lors des événements mondaines. Les enfants portent l’uniforme la semaine, et le week-end, ils se lâchent. Mais il y a toujours quelque chose qui détone un peu. Les filles du sud non pas la fraicheur des européennes, le savoir des couleurs, la coupe du pantalon est toujours un peu trop 80’. Le Texas, c’est le pays des femmes en tongs le week-end, et en mocassins/collants la semaine. Et les jeunes filles adorent les ensembles : shorts en jean/tong ou shorts de sport/chaussettes montantes/tennis. Dallas, c’est le pays du « casual », rien à voir avec les « Sex in the City » girls de NYC.

La Corée enfin. Pour moi c’est l’un des pays qui peut rivaliser avec la France pour ses fashions addict. Les coréens (homme et femmes) ont ce sens du beau et de l’artistique dont je parlais précédemment. Ils sont sensibles à l’harmonie de leur image et de leur corps. La Corée est un pays qui revient de loin économiquement, les jeunes femmes et les jeunes hommes sont beaux et « l’image » et la place de l’individu au sein du groupe sont valorisées. Les coréens s’habillent pour s’affirmer, pour s’identifier.

Comme la parisienne, ils aiment mélanger les marques internationales et des pièces introuvables ou les basics. Comme les japonais, ils ont un temps d’avance sur nous (même s’ils sont plus classiques). Selon moi, la mode est crée en Europe et au US, puis elle part en Asie, au japon et en Corée. Elle est rendu portable par les asiatiques qui nous la renvoie ensuite.

 Selon vous quels sont les créateurs français qui ont le plus marqué l’histoire du luxe et pourquoi ?

Sans hésiter et pour ne citer que les 4 plus grands (même si pour moi de nombreux autres ont révolutionné la mode.)

Coco Chanel, Christian Dior, Yves Saint Laurent, Pierre Cardin.

Mademoiselle Chanel : elle a révolutionné la mode en libérant la femme, en ayant un avis sur le rôle de cette dernière et en détruisant les carcans qui nous empêchaient de nous exprimer. Elle a vécu comme un homme et sa mode était aussi libre qu’elle.  La petite robe noir est un indispensable de nos dressing tous comme les perles. Chanel a imposé un savoir-faire et un savoir-vivre français. Elle a fait connaitre au monde la désinvolture et l’allure des françaises. Elle nous a appris a être toujours prêtes à faire face à notre destin et à prendre notre vie en main. Au delà d’un tailleur, du tweed, du camélia, d’une robe noir ; CHANEL, c’est un art d’être femme.

Monsieur Dior : le new look c’est la vision de corps magnifiés par la coupe. Les tailles serrées set, les grands chapeaux, les regards de biches. C’est le raffinement à l’état pur. Ce que la France avait de plus hollywoodien. Monsieur Dior était avant tout couturier, Monsieur Dior portait la blouse blanche, il aimait ses ateliers. Il a marqué l’histoire de ses modèles graphiques, noir et blanc contrastant avec ses robes du soir en tulle nacrée. Monsieur aimait les fleurs et la femme, c’est l’essence même d’un grand couturier, un couturier qui marque l’histoire est un homme qui aime les femmes.

YSL : en digne successeur de Christian Dior, il aimait lui aussi les femmes. Sa révolution à lui. Le pantalon et le smoking, les couleurs, les accessoires, les mannequins noires belles comme des reines des milles et une nuit, le prêt-à-porter, le mélange des cultures, l’art dans la mode. Fils spirituel de Coco Chanel, YSL à rompu tous les codes ; après lui, le mode de la mode n’a plus jamais été le même. La parisienne aujourd’hui ne serait pas la même sans YSL. Avec le pantalon, il a libéré un peu plus les femmes, nous a mis sur un pied d’égalité avec les hommes. Ses couleurs et ses accessoires ont éclairé la jeunesse des années 60, 70, 80. Les femmes ont pris d’assaut le monde avec son smoking ultra sexy. Sa robe Mondrian est la mode la plus copiée au monde à l’époque, les femmes du monde entier en achètent des copies. Les américaines on toujours adoré YSL, même si elles ne reconnaissent pas toujours son talent souvent avant-garde ; et YSL c’est aussi l’un des pères du prêt-à-porter, il a cru a l’accès a tous à la mode et au luxe, pour lui la place de la mode c’était d’être dans la rue.

Cardin : issu également des ateliers Dior, il est souvent mis à l’écart du monde du luxe et de la mode. Dans les années 60/70 il a pourtant marqué des générations par son style contemporain et futuriste. Nouvelles matières, nouvelles formes, un univers issu de la science fiction. Cardin à associé la mode et le luxe à l’art et à la création contemporaine. Cardin, c’est aussi un homme d’affaire redoutable, le roi du produit dérivé, celui qui n’a jamais hésité à revendre son nom au plus offrant. Si en Europe il a été mis au ban de la société, en Asie son nom reste une référence. « Pierre Cardin fait partie des 5 français les plus connus dans le monde depuis 1960 »… cela se passe de commentaire quant à son rôle dans l’histoire de la mode française.


  • Certains diront que le luxe est pure vanité et éloge de l’inutile à prix exorbitant. Que répondez-vous à cela ?

Je répondrai par 2 citations et une question : (enfin si j’arrive à me retenir…)


  1. Le luxe est le refus fondamental de l'être humain de limiter sa vie à une survie. Stéphane Marchand, Guerre du luxe.
  2. Le luxe, ce n'est pas le contraire de la pauvreté mais celui de la vulgarité.
  3. Que diriez-vous de l’art alors ?
Il y a en l’homme un besoin de beauté et de folie, et c’est cela qu’on appel le luxe. C’est un concept qu’on associe trop souvent au prix. Mais on choisi nous même les limites du luxe. Ce n’est pas le prix qui défini le luxe, c’est le rare, l’exceptionnel. Un thé au Ritz, vous coutera le prix d’un thé haut de gamme, mais le plaisir du service et du prestige sont gratuits. Un sac Gucci vous coutera très cher, mais ce produit n’a rien de luxueux, il n’y a pas de savoir faire ou de notion d’exceptionnel derrière ce produit, juste un bon marketing. La majorité des gens ont une image faussée du luxe. Dans certains pays (ex. La Chine) le luxe à encore un rôle de valorisant social, une utilisation vénale, on peut le dire. Mais les vraies marques de luxe n’ont pas besoin de logo pour être reconnaissable, c’est leur nature insaisissable qui les rend luxueuses. Le luxe ultime, c’est d’être beau naturellement, sans travail, sans apparat, c’est d’être éternel et hors du temps.

Que représente pour vous l’ultime forme de luxe « à la française » ?

Il y a chez nous des portes parole de ce luxe, de ce mélange entre structure et grain de folie.

Le luxe à la française, c’est le mélange de la soie et du tweed d’un tailleur qui tiens tout seul; la semelle rouge sous des escarpins noirs ; c’est le regard mutin d’Inès de la Fressange.

Le luxe à la française, c’est les dentelles de calais associées à des mousselines de soie dans les corsages des arlésiennes de Christian Lacroix ; la main experte d’un artisan sur un cuir chez Hermès, sur du velours chez Dior, ou sur une pierre précieuse chez Cartier.

Le luxe à la française, c’est une légèreté intemporelle et impalpable. Ca se détache des notions d’argent pour rejoindre l’art, la culture.

Le luxe à la française est dans le détail, dans le savoir faire d’une maison. Chez Hermès, on roulotte la soie des carrés à la main. C’est un mélange de modernité et de respect des traditions. Le luxe à la française, est difficile à décrire parce qu’il parle de lui même, il s’impose à nous comme quelque chose d’évident mais de mystérieux. Pour Coco Chanel, il se trouve dans la perfection de l’invisible.